Le contexte
Trois fournisseurs « concurrents » présentent depuis 5 ans des devis sur vos appels d'offres similaires avec un écart de prix constant de ±2 %. Personne ne le voit parce que les appels d'offres sont stockés dans 8 dossiers différents, gérés par 4 acheteurs qui se sont succédé.
C'est techniquement une entente illégale (article L.420-1 du Code de commerce) qui :
- Vous coûte typiquement 8 à 15 % de surfacturation sur la catégorie concernée
- Vous expose à des risques RGPD et anti-corruption si les liens entre les fournisseurs sont documentés dans vos archives
- Ouvre une procédure devant l'autorité de la concurrence en votre faveur si vous avez les preuves
Le problème : détecter une entente exige de croiser 5 ans de devis, contrats, mails et appels d'offres - un volume de données qu'aucun humain ne peut traiter exhaustivement. Les cabinets d'audit en droit de la concurrence facturent 80 à 200 k€ pour ce travail, et seuls les très grands groupes les engagent.
Comment LMbox prend en charge le travail
Le module Veille commerciale (livré packagé) tourne sur la box :
- Indexation complète des 5 à 10 dernières années d'appels d'offres, devis, contrats, mails fournisseurs (connexion à la base documentaire et à la messagerie).
- Le modèle d'IA le plus puissant (en local pour la souveraineté totale, ou via une IA européenne sécurisée sinon) analyse les schémas suspects :
- Prix synchronisés : trois fournisseurs « concurrents » qui répondent toujours dans une fourchette de ±2 à 3 % sur les appels d'offres, avec rotation du gagnant
- Formulations de devis identiques : mêmes clauses de garantie, même structure de prix, mêmes annexes (suggérant un cabinet juridique commun ou un copier-coller bilatéral)
- Cycle de réponse coordonné : devis envoyés tous le même jour, jamais plus tôt
- Comportements de retrait : un fournisseur se retire systématiquement quand un autre est désigné « gagnant prévu »
- Liens humains détectables : anciens collègues, mêmes adresses mail de secours, mêmes signatures juridiques
Pour chaque schéma détecté, l'IA produit un dossier d'indices avec :
- Score de probabilité (0-100)
- Liste des cas concrets avec citations exactes des appels d'offres et devis
- Frise temporelle des comportements suspects
- Estimation de la surfacturation cumulée sur la période
Le DAF ou directeur des achats reçoit un rapport mensuel : « 14 indices de coordination potentielle entre fournisseurs A, B et C sur la catégorie [matériel logistique] depuis 2021. Surfacturation estimée : 1,2 M€. Indice de confiance : 78. »
Le calcul de retour sur investissement
Pour une direction achats type 50 M€ par an avec 30 % du volume historiquement « à risque » (catégories peu standardisées, peu de fournisseurs) :
| Levier | Estimation |
|---|---|
| Volume susceptible d'entente | 15 M€ par an |
| Surfacturation typique d'une entente non détectée | 8-12 % |
| Récupération potentielle | 1,2 à 1,8 M€ par an |
Mais la valeur réelle est dans la dissuasion :
- Les fournisseurs identifiés savent qu'ils sont surveillés (sans qu'on leur dise comment) → ils arrêtent ou ils sont remplacés
- Les nouveaux fournisseurs entrants sont automatiquement scorés et signalés s'ils reproduisent les schémas
- Le journal d'audit de l'IA constitue une preuve si l'autorité de la concurrence est saisie (la traçabilité de la détection est elle-même un argument)
Box L (38 k€ + 14,4 k€ par an de support). Rentabilisée en moins de 30 jours sur la première détection sérieuse.
Les prérequis
- Historique d'au moins 3 à 5 ans d'appels d'offres, devis et contrats indexés et accessibles (sinon les schémas ne sont pas statistiquement significatifs).
- Politique d'archivage cohérente : si vos contrats sont scannés en images sans reconnaissance de texte, l'IA passe à côté. Activer la reconnaissance de texte avant la synchronisation.
- Modèle d'IA le plus puissant activé en local OU IA européenne sécurisée configurée : un modèle plus léger ne suffit pas pour ce type d'analyse à long contexte.
- Politique anti-corruption interne validée par la direction juridique : qu'est-ce qu'on fait quand l'IA détecte une suspicion ? Qui décide d'investiguer ? Qui décide de saisir l'autorité de la concurrence ?
- 2 jours d'acheteur expérimenté de calibrage : confirmer que les schémas détectés sont bien suspects et pas des faux positifs liés à la nature commodité de certaines catégories.
Le déploiement
- Phase 1 (4 semaines) : indexation des 3 dernières années sur 1 catégorie pilote (typiquement la plus risquée - prestations informatiques, prestations intellectuelles, transport).
- Phase 2 (8 semaines) : revue manuelle des 10 à 30 indices détectés. Tri faux positif / vrai positif / cas à investiguer plus avant.
- Phase 3 (3 mois) : extension à toutes les catégories d'achat. Mise en place du rapport mensuel à la direction financière.
- Phase 4 (continu) : intégration dans le processus de sourcing - chaque nouveau fournisseur entrant est scoré dès sa première réponse à un appel d'offres.
Les limites & ce que ça ne fait pas
- L'IA détecte des indices, pas des preuves judiciaires. Une entente formellement prouvée exige enquête de l'autorité de la concurrence, perquisitions éventuelles, expertises judiciaires. L'IA fait gagner 90 % du temps de détection ; les 10 % de procédure restent juridiques.
- Elle peut produire des faux positifs sur les marchés très standardisés (par exemple : carburant, aciers standards) où l'alignement de prix est naturel. Le calibrage humain reste obligatoire.
- Elle ne révèle pas les ententes verbales non documentées dans vos archives. Un fournisseur qui a téléphoné à un concurrent depuis son portable personnel sans laisser de trace mail reste invisible.
- Le biais juridique : agir sur une suspicion non confirmée peut exposer l'entreprise à un contentieux de la part du fournisseur accusé à tort. Le département juridique doit être impliqué dès la première détection sérieuse.